Mehuin, lorsque l´argent donne le droit de polluer

Mehuin

Lundi 2 mars, 9h, Valdivia, région de los Rios, Chili : on se lève, on déjeune et on part pour Valdivia à vingt minutes en bus. Mathias, qui m’héberge, doit recharger son téléphone.
9h50 : il appelle un de ses amis de Mehuin, le village où Celco, entreprise de cellulose, souhaite construire un canal jusqu’à la mer pour y rejeter ses déchets toxiques. Mathias échange quelques mots avec Beto, son ami. Est-il sur Mehuin ? peut-on venir ? Oui, mais il repart demain. Ok, alors on arrive, on dormira sur place et l’on reviendra sur Valdivia dans la matinée de demain.
Problème : nos sacs de couchages sont à la maison et l’aller-retour va nous prendre du temps et de l’argent, que nous n’avons ni pour l’un ni pour l’autre. La mère de Mathias doit venir vers 12h30 en centre ville, appelons là… Parfait, elle nous amène les sacs ainsi que quelques tomates cerises du jardin qui nous servirons de repas de midi.
En attendant ? Allons acheter du riz et du maté – boisson typique de l’Argentique, de l’Uruguay et des Mapuches du sud du Chili – pour amener là-bas.

11h20 : nous arrivons à l’université où je vais pouvoir profiter de la connexion wifi pour envoyer un article sur mon carnet de voyage en ligne, et un autre au Crous de Paris. J’avais presque réussi à rattraper le retard et me voici à nouveau avec un mois de retard… Le temps de recopier sur l’ordi ce que j’écris, de le corriger, le mettre en page, sélectionner et traiter les photos qui l’accompagneront, ça prend du temps.
13h30 : nous avons toutes nos affaires et nous partons.
18h : entre micro (petit bus), auto-stop, marche et micro, nous voilà à Mehuin. Il faut maintenant traverser le fleuve pour aller à la maison de Beto sur l’autre rive, à côté de la Ruka (cabane Mapuche).
19h : nous sommes arrivés. Nous buvons le maté en parlant de la situation. En fond, en plein dans mon champ de vision, les Simpson s’agitent sur l’écran de télévision. C’est perturbant, cela retient mon attention.
La situation est au point mort. Celco, pour faire de nouvelles études doit aller en mer. Et pour cela, il est nécessaire d’avoir l’autorisation de la police maritime, qui la donnerait avec joie, puis d’informer les pêcheurs qu’un bateau va venir.
Or, après des discussions et des réunions, les pêcheurs ont décidé d’empêcher l’embarcation de venir effectuer ces relevés d’eau… tant que d’autres options ne seraient pas envisagées, tant que Celco ne mettrait pas en place un processus de traitement des déchets toxique qui sont actuellement rejetés dans le lac.
L’université de Valdivia souhaitait elle faire une étude, une contre-étude. Mais celle-ci n’est pas permise non plus. En effet, l’université a perdu la confiance de la population de Mehuin depuis une étude sur l’augmentation du nombre de cancer, fausses couches et les morts suspects des animaux. Les relevés montraient une toxicité anormalement élevée au niveau de la rivière, ainsi qu’une dégradation de sa qualité. Et, contre toute attente, les résultats de l’étude ont affirmé que le problème venait de l’eau potable… Bien sûr, aucun recours n’a pu être mené contre l’entreprise privée qui gére l’eau potable.

.

.

Quelques photos de Mehuin :

.

.

Cet article vous a plu ? Soyez informé par mail des prochains…

.

.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *