Aréquipa – Pisco, et une frayeur, une…

Dimanche 12 avril, Aréquipa, Pérou, 21h10 : Merde, je ne suis pas dans le bon bus !!
Je me lève, cours à l’avant du bus en criant para (=arrêt). Le chauffeur me dit de prendre un taxi.

Je traverse l’avenue en trombe, et marche vers le terminal. Les deux premiers taxis qui passent ont déjà un client. Le troisième sera le bon. Au terminal s’il vous plaît.

Nous arrivons, je saute du taxi et fonce au guichet. Le bus pour Lima est parti ? Non, il est là.

Incroyable… je me voyais déjà dans une merde pas possible, obligé de prendre un autre billet, au prix fort, avec en plus mon sac de voyage tout seul dans le bus précédent en direction de Pisco.

Je monte dans le car et regarde l’heure, 21h20… comme il y a peu de monde, le bus ne part pas. Une chance pour moi.
21h30 : ça commence à râler, nous sommes toujours à l’arrêt.
21h40 : nous partons. Mon siège s’incline, je m’endors.

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Lundi 8 avril, 8h : nous venons de passer Nasca, où de grandes figures sont tracées sur le sol, souvent figuratives, et parfois longues de plusieurs kilomètres. Nous sommes maintenant arrêtés dans un restoroute. Je termine le maïs que j’ai acheté hier.
Il fait chaud et lourd. Je me passe de l’eau sur le visage et le corps, mais dans une demi-heure, dans le bus, je transpirerai de nouveau.

Nous sommes de nouveau au milieu du désert, le sable et la montagne de chaque côté et au loin
J’arrive tout à l’heure à Pisco, ville détruite à 80% lors d’un tremblement de terre en août 2007.

Nous sommes à Ica, j’achète du raisin. La dame devant moi dit qu’il est lavé, mes voisins en mangent, mais dans le mien, il y a de la terre… Je les rincerai à Pisco. Dommage, j’avais faim.

11h15 : il fait chaud, on se croirait dans le RER l’été, sauf que là, ça fait cinq heures que ça dure. On m’avait dit que j’arriverai vers 6h du matin… mais pas de chance, mon bus fait plein d’arrêt…
12h : le bus me dépose. Je suis au bord de la route.
Pas de Pisco.
Quelqu’un s’avance, me propose un taxi à un prix exorbitant, prétextant qu’il y a 5km et un chemin de terre jusqu’à ma destination.
J’ai contacté une association qui travaille sur place. Mais toujours pas de réponse par mail. Je prends donc un collectivo (taxi avec plusieurs passagers). Sur le bord de la route, une sorte de camp, des baraquements, petites cabanes de bois accolées, à perte de vue. Bien organisées par bloc, ces habitations sommaires, une pièce de 15m² pour une famille, semblent être ici pour durer.

J’arrive en ville. C’est un désastre, la moitié des maisons sont détruites. Le tremblement de terre d’août 2007 a vraiment fait un massacre. 80% de la ville a été détruite.
J’endosse mon sac à dos et me tourne pour voir s’il y a un office de tourisme lorsque quelqu’un m’alpague. Information ? Je le suis, et vois un papier de l’asso que je veux rencontrer, MAD voluntarios. Il m’informe un peu puis essaye de m’envoyer dans un hôtel et de me refourguer une activité touristique. Le prix n’est pas si élevé pour (40 soles=10€) une demi journée, mais je ne suis pas intéressé.
On appelle la responsable de l’asso qui me dit de venir dans une heure trente. Je pars à la recherche d’un repas économique.

C’est étrange, on se croirait dans une ville d’Irak après un bombardement. La moitié des routes sont défoncées, il n’y a que quelques immeubles en dur, le reste sont des maisons faites de contreplaqué. Il y a plein de moto-taxis alors avec les bouchons, on se croirait aussi à Bangkok.

Je mange un plat à base de poisson puis repars. Je ne sais plus d’où je viens, tout se ressemble.
Finalement, après avoir demandé, je n’étais pas si loin. Je m’installe sur la place centrale pour attendre, avant d’aller rencontrer l’association MAD.

14h : j’y suis, je rencontre Kathy, des Etats-unis, Lukas, d’Allemagne et Angelica, d’Italie. Il manque Dominic, d’Angleterre, le premier arrivé ici. Nous parlons un peu du boulot qu’ils font, puis je sors marcher avec Lukas pour connaître le quartier. Nous allons à la maison de Jesus, mais manque de chance, il est absent. Oui, il s’agit d’un jeune, pas du fils de Dieux… Son frère est là, il garde la maison pour que personne ne vienne voler.
Nous continuons, on se croirait à Sarajevo. Tout laisse à croire que les aides internationales ne sont jamais arrivées à la population. Ici, par exemple, ils ont reconstruit les murs d’enceinte du terrain, rien de plus. Là aussi, ils ont déblayé, mais ils n’ont pas refait la maison. Donc il y a plein de murs d’enceintes, mais pas de maison…

De plus, une partie importante de la population est allée vivre à l’extérieur de la ville, près de la Panaméricaine car ils avaient peur d’un raz-de-marée.

19h : je rencontre un autre frère de Jésus qui conduit un toctoc (une moto pousse pousse). Peut-être irai-je avec lui mercredi matin pour prendre des photos.
19h30 : je rencontre Dominic, tatoué de partout, grand, maigre et bourlingueur.
Nous parlons des projets, de comment je peux aider.

Ce qu’ils font me semble bien, ils manquent juste d’un peu d’organisation, et surtout, leur espagnol est horrible. Mais ils ont la motivation.

21h : deux femmes arrivent pour parler de leurs soucis. La sœur de l’une, mère-célibataire n’a pas de sous et demande s’ils peuvent tout de même l’aider. En effet, actuellement, les gens achètent le matériel nécessaire à la construction, puis les volontaires de l’association viennent avec les outils et font les travaux. Cela coûte 250 soles (65€) et la sœur n’en a que 50… Y a-t-il un moyen de s’arranger ?
Un autre souci est qu’il manque des toilettes à l’école du quartier où elle est bénévole. Or, l’UNICEF a travaillé à Pisco et en a installé 300. Je les appellerai le lendemain matin pour avoir plus d’infos. Ce sera aussi le temps pour moi d’aller fixer ma première porte extérieure…

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2 commentaires Ajoutez les votres
  1. Bonjour,

    Je fais partie d’une association nous sommes en train de réaliser un projet à Pisco qui aura un but reconstructif mais nous n’avons pas la possibilité d’aller sur place avant juillet 2010 ( date ou nous aimerions commencer les travaux)
    Auriez vous des adresses, des noms, des mails ; d’école , de directeur d’école, d’associations locaux ( nous avons déjà psf)… des personnes sur place qui ont accès à internet et qui nous permettrait de mener a bien notre projet
    merci d’avance

  2. Bonjour,
    l’association que j’ai rencontré sur place lors de mon voyage s’appelle MAD (Make a difference volunteers). Ils étaient plein de bonnes volontés, aidaient à reconstruire les maisons et proposaient d’en fabriquer en plaquo (il y a ainsi une isolation et on ne meurt pas de chaud dedans).

    Par contre, comme dit dans l’article suivant : http://www.jwc-photos.com/hombres/?p=1562
    Lorsque j’étais là bas, après un an et demi sur place, les organisateurs ne parlaient toujours pas espagnol… Et comment communiquer et aider les habitants si on ne les comprend pas ?
    Peut être que depuis ils se sont améliorés ? JE vous laisse visiter leur site (toujours en anglais, sans traduction en espagnol) : http://www.madvolunteers.org

    Et de votre côté, possédez vous un site internet ou quelque chose comme cela pour voir ?
    De plus, j’ai des contacts dans d’autres régions, auprès de péruviens, ce qui peut être plus intéressant (à Lima, en Amazonie, au sud du Chili….)

    Cordialement

    Jérémie

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