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Les (H)ombres d’Amérique Latine, huit mois au cœur des classes laborieuses
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Le malheur des transports…. et le bonheur des voyages… (et ce n’est qu’un début)

jwc | 4 septembre 2009

Beni, La PazJeudi 23 juillet 2009, Salar d’Uyuni, Pérou, 17h : on vient de rentrer du tour. Je mets mon ordi à recharger et pars sur Internet. Au passage, je demande à la société de bus à quelle heure nous partons pour La Paz. Hésitation, puis la demoiselle me répond 21h.
Tiens, les autres partent à 20h.
Je vais dans un cyber où Internet est plus lent que jamais. Ensuite, je vais voir les habits vendus dans les magasins. Je m’étais acheté deux paires de chaussettes chaudes et une veste en mouton mais là il me faut autre chose pour quand j’irai rejoindre Wilfredo, le sociologue de Juliaca – près de Puno – qui va m’emmener rencontrer les mineurs et les éleveurs d’alpacas, cet animal proche du lama dont les poils sont réputés pour leur chaleur.

19h30 : je récupère mon sac et mon ordi, les dépose à l’agence de bus et pars manger.
20h20 : c’est quoi ce bus pourri ? La vendeuse m’a parlé d’un bus semi-cama, c’est-à-dire un bus avec des sièges qui s’inclinent un peu, le moyen de gamme. Là, j’ai le droit à la cinquième classe…
21h : on part. En discutant avec mon voisin, je m’aperçois que je me suis totalement fait avoir.
En effet, j’ai payé 80 bolivianos, le prix normal pour le retour Uyuni-La Paz. Mais en plus d’avoir un vieux bus, sans couverture et sans chauffage avec les vitres qui vibrent et peu d’espace pour mes pieds, j’apprends que nous n’allons qu’à Oruro où il faudra que je change de bus à 3h du matin. Je regarde mon billet et effectivement, il n’y a pas marqué La Paz, mais Oruro… Et mince !!! Surtout que pour ce genre de trajet, je n’aurai payé que 40 bolivianos…
J’ai payé le double comme un bon gringo que je suis. Pourquoi est-ce toujours dans les lieux touristiques, où les choses sont déjà chères, que les gens nous arnaquent ? À La Paz, j’étais hébergé dans les quartiers plus populaires, près du marché, calle del carbon (rue du charbon) pour ceux qui connaissent. Et bien, là-bas, en plus de vendre à un prix normal, il n’y a pas de vol ou de gens qui vous rackettent car les vendeuses de rue défendent leur quartier. À quelques rues de là, où la présence des touristes est plus importante, cela peut arriver mais ils n’augmentent pas autant les prix. Comme au Pérou, où il faut toujours demander combien cela coûte à trois endroits différents pour être sûr, et encore, il est conseillé de marchander après.

22h : il fait froid, et je n’ai pas pris mon duvet car, à l’aller, ils avaient fourni des couvertures… J’enlève l’une de mes multiples épaisseurs et mets mon gilet en polaire sur mes jambes. Ça va déjà mieux.
Vendredi 24 juillet, 3h : Oruro. Bon, et maintenant ? Je demande, on me dit de sortir du terminal et d’aller de l’autre côté de la rue pour trouver les bus pour La Paz. Ah oui, je vois des gens aller vers là. 20 bolivianos en plus. Normalement, je devrais faire le trajet pour 15 mais là nous sommes beaucoup, et si je veux monter dans le premier bus qui part, c’est le prix à payer.
C’est toujours énervant de s’être fait arnaqué, ça fait mal à l’égo.

7h : le voisin de derrière moi me réveille. Nous sommes arrivés. Il est tôt, je descends vers le centre à pied. Je me dirige vers le café La Paz où il y a la wifi.
7h50 : fermé ! Je m’assois un peu pour souffler, il devrait ouvrir à 8h m’a dit une vendeuse.
8h10 : toujours fermé et aucun signe de vie à l’intérieur. Comme j’ai besoin de recopier mon journal sur l’ordi, et qur je n’ai pas besoin d’Internet tout de suite, je vais dans un autre café.
Cool, ils font une promo, 8 bolivianos pour un café et deux empanadas. Grand ou petit, le café ? Grand, un peu moins fort, mais il y en a plus.
Je commence à bosser.
Beurk. Les empanadas sont mauvais, super sec et avec presque rien dedans. J’aurai dû prendre des salteñas, sortes d’empanadas à la viande, très bons. Là, c’est servi froid et c’est le genre « étouffe chrétien ».
Je bosse une heure trente environ puis décide d’aller envoyer tout cela par mail pour la relecture. Je demande l’addition. 15 bolivianos. Hein ? Il y a marqué huit sur la porte. Oui, mais c’est avec le petit café. Et merde… c’est pas ma journée ! Elle aurait tout de même pu le dire la vendeuse, j’aurai pris de salteñas pour ce prix.

Couché de soleil, San Ignacio, Beni, LaPaz

10h : je bosse. Pamela et Gloria, les deux collègues d’Audrey, travaillent pour le canal 7, chaîne publique de Bolivie, sont dans le Béni pour faire un reportage. Elle me propose de les rejoindre. Nous rentrerions mercredi.
À voir, je dois retourner au Pérou fin juillet, début août. Et si je pars avec elles, nous rentrerions le 1er août. Ça peut se goupiller.
Elles m’informent qu’elles sont allées jusqu’à Trinidad en avion pour 50€. Gloups. Peut-être y a-t-il des bus…
14h : je sors du café. Ils n’ont pas accepté de garder mon gros sac le temps que j’aille au terminal. Dommage.
J’appelle au Pérou pour pouvoir m’organiser. Mince, ils ne sont pas là. Direction le terminal de bus.
14h35 : le bus pour Trinidad partait à midi, et il n’y en a qu’un par semaine. Il me faut donc trouver un hospedaje pour déposer mes affaires, et pouvoir réfléchir tranquillement à ce que je vais faire.
17h : je n’ai pas réussi à contacter le curé de Checacupe, j’ai donc décidé de rejoindre Gloria et Pamela à Trinidad en avion. Départ demain matin.
21h30 : je suis un peu fatigué, je décide de dormir. Je me lèverai plus tôt demain.

Carte bolivieSamedi 25 juillet, 5h : je me lève. Qu’il fait froid !!! Je déjeune, me douche et bosse.
8h20 : je pars en direction de l’aéroport. En taxi, il semblerait que l’on peut mettre 20 minutes, mais moi je prends le bus et aujourd’hui, il y a un défilé dans la ville, tous les étudiants vont danser alors c’est un peu la pagaille.
Je pars en direction de l’avenue principale. Elle est bloquée… Je demande à un policier où prendre le bus pour l’aéroport. Il faut remonter cette rue m’indique-t-il. J’y vais redemande et l’on me dit d’aller dans l’autre sens…
Bon, je vais demander à l’une des vendeuses de la rue. Elles savent tout sur tout et indiquent toujours très bien. Que je monte plus, jusqu’à la Plaza Murillo, que je prenne un bus en direction de l’autoroute et il me déposera là où prendre celui pour l’aéroport.

9h : je monte dans le bus.
9h35 : je suis à l’aéroport. C’est vrai que c’est rapide, il faut juste savoir où prendre son bus.
Je passe à l’agence, j’ai du temps, l’avion part à 10h50.
10h : toujours pas d’appel.
10h20 : merde, j’étais en train de bosser sur mon ordi lorsque tout d’un coup : écran bleu ! Vidage de la mémoire tampon et tout le tintouin.
Bon, j’arrête l’ordi et le rallume. Il faut que je vérifie les données car j’étais en train de travailler mes photos.
Tout cela me prend un peu de temps puis je regarde l’heure. 10h40…. Oups, bon bah je vais aller demander ce qu’il se passe.
J’arrive à l’agence, la personne raccroche le téléphone en disant « c’est bon, il vient d’arriver » et me regardant « on vous cherchait, l’avion vient de partir ».
Merde !!! Quel con, j’aurai dû laisser l’ordi planter et aller prendre l’avion.
C’est un vol régulier, je suis plus ou moins chanceux car il y en a un autre qui part à 13h50, arrivée une heure plus tard. Je le prends et vais téléphoner aux filles. Le portable de Pamela ne répond pas, on m’annonce un numéro incorrect, et sur celui de Gloria, c’est le répondeur. Je laisse un message même si je sais qu’elle risque de ne pas l’écouter car ici les gens n’utilisent pas le répondeur.
Je me pose et travaille.
12h30 : je rappelle, ça ne fonctionne toujours pas. Je passe prendre mon billet et demande à quelle heure je peux passer, histoire de ne pas le rater une deuxième fois. À 13h15, me répond-on.
13h14 : je suis en train de travailler sur l’ordi, une personne de l’agence vient me voir et m’informe que je peux passer.

Interview, Santa Ana, Beni, Bolivie13h40 : on monte dans l’avion.
14h50 : quelles jolies vues, montagne de La Paz puis jungle et grandes forêts. Nous atterrissons à Trinidad. Je dois récupérer mon sac arrivé avec l’avion précédent puis appeler les filles. J’espère qu’elle ne sont pas parties.
15h10 : j’ai eu Pamela au téléphone, elles sont toujours là, je les rejoins.
15h30 : en fait, il semble que le chauffeur ait fait faux bon…. Leur contact sur Trinidad en cherche un autre. Nous partons sur de petits chemins boueux et mauvais avec caméra et autres matériels du genre. Alors oui, un véhicule est nécessaire.
17h : toujours rien, et les transports collectifs sont tous partis. On essaye de trouver quelque chose de notre côté.
19h : il fait déjà nuit, finalement on dort ici, nous partons demain matin vers 7h.
Hier, il pleuvait à verse, aujourd’hui pas de chauffeur, cela fait deux jours perdus pour faire le reportage. Ça va être serré.

1er fleuve traverser, Beni, BolivieDimanche 26 juillet, 7h30 : nous partons en directions de San Ignacio puis de Santa Ana.
10h30 : nous sommes à San Ignacio, on achète du pain et des mandarines puis on repart.
15h : nous sommes sur un fleuve que l’on traverse sur une barque.
Pff, j’en ai marre, déjà plus de sept heures de voiture et ce n’est pas fini.
16h : on traverse un nouveau fleuve. Il en reste encore un.

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Santa Ana, Beni, Bolivie17h : enfin, nous arrivons. Je croyais aller dans une communauté indigène, mais c’est en fait un grand village où nous sommes. Et aujourd’hui, c’est la fête le jocheo. Il y a plein de monde qui regarde un grand terrain, un peu plus petit qu’un stade de foot, avec à l’intérieur plein de gens. On entre dedans, je ne comprends pas très bien ce qu’il se passe et ce que l’on attend.
Alors que je suis en train de prendre une photo, un mouvement de foule se crée, ça court dans tous les sens. Ma voisine me crie attention. J’enlève l’œil du viseur de mon l’appareil photo et me retourne. J’ai juste le temps de faire un bon de côté qu’un énorme taureau a été lâché dans l’enclos. Mon voisin aura été moins rapide…
Je cours jusqu’au bord et sors de l’enclos. Ouf, sauvé. On rigole, car en fait je n’avais absolument pas compris de quoi il s’agissait. C’est vrai, tous les gens étaient en train de parler tranquillement, quelques gens bourrés au milieu, pas de quoi se méfier.
Quelqu’un nous invite à monter sur les gradins, de là nous verrons mieux.
19h30 : on part trouver un lieu pour dormir mais avec la fête tout est plein et les prix sont plus élevés. Finalement, on trouve une chambre à trois lits et douches communes pour 150 bs (bolivianos = 15€). Plus cher qu’hier où c’était 90bs mais nous n’avons pas le choix.
Ensuite, on sort manger.

Santa Ana, Beni, BolivieLundi 27 juillet, 7h : on sort de l’hôtel prendre quelques images le temps qu’Eduardo arrive. Puis, nous partons faire une première interview. Je ne suis pas trop la conversation, j’en profite pour écrire mon journal. Tout ce que j’ai vu, c’est que le type paraît toujours sous l’effet de l’alcool ingurgité hier.
Ensuite, nous allons à la rencontre d’un artisan qui travaille le bois et enfin un tanneur qui fait notamment les selles de chevaux.

11h : nous sommes de retour sur la place centrale de Santa Ana, les gens sont en habits traditionnels pour célébrer la fête. Mais, il semblerait que ce soit plus le folklore des indigènes que leurs us et coutumes qui intéressent ici. Oui, les gens sont costumés mais les groupes bien séparés. Par ici des indigènes, par là les grands propriétaires terriens, blancs pour la grande majorité avec l’accent nord américain pour certains.
D’ailleurs, les statues centrales représentent bien la chose.

Foutu rétro.... Beni, LaPaz13h30 : nous partons en direction de San Ignacio car Don Ernesto doit aller à La Paz pour une réunion. Tout d’un coup, au milieu de la route, deux énormes oiseaux sont en train de se battre, alors je sors mon appareil, ouvre la fenêtre et prends une photo. Les oiseaux s’envole, je regarde la photo. Merde !
15h30 : aussi long au retour qu’à l’aller. Je dors, j’écoute de la musique, je prends quelques photos, on discute… bref, on essaye de passer le temps.
17h30 : San Ignacio. On s’arrête à la radio communautaire pour faire une interview de Don Ernesto.
18h20 : le soleil est tombé, on continuera demain matin car l’électricité est coupée, le générateur est en panne.
18h30 : nous sommes à l’hôtel. Il y a de la lumière grâce à un groupe électrogène, mais pas moyen de brancher l’ordi, la puissance est trop faible.
19h : on part manger.
21h : le courant à sauté, je m’endors.

Mardi 28 juillet, 5h30 : le réveil sonne.
6h : on se lève, direction la douche.
6h30 : Don Ernesto est là, on va continuer l’interview.
8h : changement de lieu. On va là où se passera le jocheo (le lâché de taureau) en fin de semaine.

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