La Rinconada, ou d’où vient la contamination du lac Titicaca

Lagune morte à cause de la contamination minière, La Rinconada, Puno, Pérou

Dimanche 2 août 2009, Juliaca, Pérou, 15 h : je viens de manger chez un chinois. Et comme il y en avait beaucoup, on m’a mis les restes dans un sac plastique que je remmène à la maison pour ce soir. Sur le chemin du retour, j’achète un coca cola dont les vertus sur les problèmes de digestion sont connues.
15h : on sort pour aller faire un foot. On arrive sur le terrain et attend que d’autres personnes arrivent. Une fois que l’on a deux équipe, de six, on commence.
16h30 : la partie se termine. Je n’ai jamais été excellent mais à 3850 mètres, je n’avais même plus le souffle pour courir et gêner les autres…
17h : je rentre bosser un peu et termine de regarder Shaolin soccer dont j’avais vu le début dans un restaurant du Beni avec Pamela et Gloria.
20h30 : je vais faire réchauffer mes pâtes chinoises. Wilfredo me dit que nous partons vers 7h demain. Parfait. Après le repas, je remonte et me couche. J’ai l’impression d’avoir des asticots vivants dans le ventre. Qu’ai-je chopé ?

Lundi 3 août, 5h : je me réveille en sursaut, une arrivée de salive dans la bouche, signe précurseur du vomissement. Merde ! Je respire un bon coup, bois un peu d’eau et cela passe.
6h30 : douche puis préparation du sac. Je ne garde que le nécessaire.
8h : nous sommes là où les cars partent pour la Rinconada. On ne peut pas parler d’un terminal, il s’agit plutôt de deux rues remplies par les cars et vendeurs ambulants, c’est un vrai capharnaüm.
8h30 : nous partons, j’ai mal au ventre. Je mets en pratique ma mince connaissance en réflexologie qui consiste à masser la partie entre le pouce et l’index afin de traiter les troubles digestifs. Et ça marche, en tout cas lorsque j’arrête le malaise revient, alors je pratique cela pendant les 5h de voyage…

La Rinconada, Puno, Pérou13h30 : nous y sommes. Première chose, trouver où dormir. Ici, toutes les maisons sont recouvertes de tôle sous lesquelles, il y a juste des planches d’aggloméré. On visite trois hostals puis on en prend un où les chambres sont un peu plus grandes, c’est-à-dire où il y a le lit une place et 40 cm d’espace pour mettre une chaise. Ensuite, on sort pour aller visiter. C’est grand, ça ressemble à une fourmilière géante. Les gens circulent sans arrêt, de jour comme de nuit. Seuls quelques magasins ferment le soir. Les mineurs, eux, n’arrêtent jamais. Par tour de 8h, ils se relayent, certains enchaînant deux tours pour augmenter leur salaire. Il n’y a pas de service de poubelle et encore moins d’égouts, tout est envoyé dans la rue. Seul le froid permet d’empêcher le pourrissement et l’invasion des mouches. L’odeur, nauséabonde, est omniprésente. On marche, chaque pas est un effort. Nous sommes à 5400mètres d’altitude, soit 1600 mètres plus haut que Juliaca. La différence se ressent beaucoup.

La Rinconada, Puno, Pérou18h : tout à l’heure, nous avons mangé du poulet enfin, Wilfredo a mangé du poulet et des frites, moi j’en ai pris deux bouchées… Et ce soir, je prends juste ce qu’ils appellent un thé médicinale, boisson à base d’herbe dans laquelle ils ajoutent beaucoup de choses. Espérons que la digestion ira mieux. En effet, quels sont les symptômes de la grippe AH1N1 ? Problèmes de digestion, j’ai ; énorme mal de ventre et vomissements, j’ai ; et fièvre, que je n’ai pas… Je m’endors sur cette réflexion.

Mardi 4 août, 7h : on déjeune, je vais mieux. Je dis à Wilfredo que j’ai mangé la même chose à Puno, du jus de quinoa mais qu’au lieu du sandwich au fromage, je l’avais pris à l’avocat. Ah, me dit-il, ça vient de là ton problème de digestion. L’avocat fait travailler l’estomac. Ouf, je suis rassuré.

8h10 : on part se promener. Le but est d’aller voir la lagune en bas, tout en bas, où actuellement plus rien ne vit, faute au mercure, l’arsenic et tous autres produits toxiques utilisés pour chercher l’or. Alpaca, La Rinconada, Puno, Pérou

9h40 : nous y sommes. Il n’y avait que de la descente, mais je suis mort. Sur le chemin, nous avons croisé des alpacas et lamas broutant. Je n’ose pas imaginer le taux de toxicité du pâturage.

Maintenant, vient le moment de remonter… Et on a fini l’eau.

La source du fleuve Ramis, principal affluent du lac Titicaca, La Rinconada , Puno, Pérou10h15 : nous sommes au village le plus en bas, Cerro Oro (=Mont d’or). On achète pain et eau puis on repart. Cette fois-ci, on prend le chemin direct. Ça monte plus raide, mais ça va plus vite que les zigzag.

11h15 : nous sommes à l’hostal. On s’allonge un peu le temps de récupérer et qu’arrive le bus pour Crucero, le plus proche village d’éleveurs d’alpacas en aval.

14h : après cette petite sieste… je me lève, on part à l’arrêt du bus. Il y a eu un accident sur la route, le car s’est renversé, personne ne peut passer. On repart marcher un peu pour trouver où manger. J’avalerai la moitié de ma soupe et quasiment rien de mon riz.

La Rinconada, Puno, Pérou

16h : Le car va arriver. On rend nos chambres et part avec nos gros sacs.
16h10 : il n’y a pas assez de passager, il partira demain. Pas de chance !!! On retourne prendre nos chambres.
17h : je pars sur internet. Il y a un concours photo qui va bientôt finir, il faut envoyer les photos. Il y a aussi le vernissage de l’expo, près de gare de l’Est. Quand la faire ? Le jour de mon retour ou le vendredi soir ?
18h : je rentre, on discute un peu avec Wilfredo. J’ai à peu près toutes les informations que je veux au niveau de la mine. Il me manque juste quelques portraits de mineurs. Le car est à 8h demain matin. On décide de se lever tôt pour aller en prendre.

Mineur, La Rinconada, Puno, PérouMercredi 5 août, 5h : direction le petit déjeuner. Il y a des mineurs, je demande si je peux prendre une photo. L’un refuse, l’autre veut de l’argent. Tant pis. On se dirige vers l’entrée des mines. Wilfredo s’approche en premier, nous présentant comme des étudiants travaillant sur les mines, puis il ajoute que ce sera publié sur internet. Ils acceptent. Je descends les rejoindre et les mineurs se prennent au jeu, redemandant des photos. Je les prendrai à l’entrée de la mine, nous n’irons pas à l’intérieur, l’odeur, dû aux gaz, et le manque de temps seront de bons arguments. Puis, je me tourne pour prendre les femmes qui trient les pierres. Elles veulent de l’argent… Pff, alors je prends un autre groupe. Sur le chemin du retour, on s’arrête dans ce que l’on peut considérer comme la zone de traitement, c’est -à-dire là où l’on broie la pierre puis, à l’aide d’eau et de mercure, on extrait l’or.

Crucero, Puno, Pérou8h : on est dans le bus. Il est encore vide. Nous ne sommes pas partis.
9h : le moteur se met en marche.
9h30 : wouhou, on est parti. Par contre, qu’est-ce que ça penche. Nous sommes dans un vieux bus, le route, ou plutôt le chemin, est très mauvaise. Et avec le bus qui s’est renversé hier, je ne suis pas du tout rassuré. À l’aller, nous étions dans un camion transformé en car, ce qui ne me rassurerait pas non plus, mais dont le chassi est prévu pour ce type de terrain. Là, le bus est plein. Les sièges bien sûr mais le couloir aussi. Les gens sont assis par terre, d’autres sont debout, et dans la partie avant, en plus du chauffeur, ils sont huit à s’entasser.

14h : nous arrivons à Crucero, deux heures de transport nous avait-on dit. La bonne blague !!!

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Mon article écrit à ce sujet ici : http://www.jwc-photos.com/hombres/?page_id=2789 (sous les photos)

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